samedi 23 février 2013

Capellani et La Bohème


Mon ouvrage sur Albert Capellani est maintenant disponible sur amazon.fr et à la librairie de la Cinémathèque. Le samedi 9 mars prochain à 15h, je présenterai la séance à la Cinémathèque (qui sera suivie d'une séance de dédicace) avec les deux films suivants:

La Bohème (1912, A. Capellani)
La Vie de Bohème (1916, A. Capellani)
Tournage à Fort Lee (NJ) avec Albert Capellani scénario en mains, son frère Paul assis à côté de lui en  Rodolphe et l'opérateur Lucien Andriot au premier plan devant la caméra.

mardi 12 février 2013

Albert Capellani - Cinéaste du romanesque (I)

Mon premier ouvrage en tant qu'auteur sort à la fin du mois chez La Tour Verte. Voici en avant-première la couverture et le texte de quatrième de couverture.

"Aux temps héroïques du cinématographe, ce cinéaste oublié a joué un rôle majeur dans le développement du long-métrage et de l’adaptation littéraire. Chez Pathé, Albert Capellani réalisa les premières versions de L’Assommoir (1909), des Misérables (1912) et de Germinal (1913), qui connurent un succès international. Considéré comme l’un des plus grands cinéastes de son époque, il partit en 1915 pour l’Amérique, et dirigea de grandes stars du muet comme Clara Kimball Young, Alla Nazimova et Marion Davies. Longtemps tombé dans l’oubli, redécouvert récemment par le Festival de Bologne, ce metteur en scène qui plaçait le cinéma sur le même plan que le théâtre, la littérature et la musique, fit faire un pas de géant au septième art par sa subtile direction d’acteurs et son extraordinaire sens visuel. Fruit d’un méticuleux travail de recherches, ce livre est la première biographie consacrée au grand pionnier du muet que fut Albert Capellani."

Il sera disponible sur le site de La Tour Verte, ainsi que sur amazon.fr et fnac.com. Je vous tiendrai au courant de sa disponibilité.

dimanche 10 février 2013

The Office Wife 1930

Un film de Lloyd Bacon avec Dorothy Mackaill, Lewis Stone, Joan Blondell et Natalie Moorhead

Lawrence Fellowes (L. Stone) dirige une importante société d'édition. Suite au départ de sa précédente secrétaire qui s'était amourachée de lui, on lui envoie Anne Murdock (D. Mackaill) qui va se révéler être la parfaite collaboratrice...

Ce petit film de Lloyd Bacon commence par une sorte de mise en abyme réjouissante. L'éditeur joué par Lewis Stone demande à Miss Hasley (une Blanche Frederici extrêmement masculine) de lui écrire un roman intitulé 'The Office Wife' (L'épouse du bureau). Il est en effet convaincu que les hommes d'affaires passent plus de temps avec leurs secrétaires qu'avec leurs épouses et que des relations, parfois bien trop rapprochées, se développent. Mais, il est loin de se rendre compte qu'il est - comme les autres patrons - victime de ce phénomène. D'abord sa dévouée secrétaire s'évanouit en apprenant son futur mariage. Puis, sa nouvelle secrétaire, la très efficace et charmante Dorothy Mackaill, va lui devenir indispensable pendant que son épouse le trompe presque ouvertement. Malgré un canevas assez simpliste, le film est très agréable grâce aux comédiens, en particulier Dorothy Mackaill en secrétaire dévouée qui se fait rabrouer par sa petite soeur Katherine (une Joan Blondell très en verve) quand elle refuse l'évidence. C'est cette dernière qui la remettra sur le bon chemin alors qu'elle allait s'égarer avec un petit ami qui décidément ne lui arrivait pas à la cheville. William K. Everson mentionne que le film est absolument typique de ces romances secrétariales qui faisaient les beaux jours des magazines féminins de l'époque. L'auteur Faith Baldwin (parodiée par Blanche Frederici dans le film) en était une spécialiste. Un film charmant et tonique. 

Lawyer Man 1932

Un film de William Dieterle avec William Powell, Joan Blondell, Helen Vinson et Claire Dodd

Anton Adam (Wm Powell) est avocat dans l'East Side new-yorkais. Avec l'aide de sa secrétaire Olga (J. Blondell), il réussit bien dans la vie. Suite à un procès gagné, il se voit offrir un partenariat dans un cabinet d'avocat des quartiers chics...

Voici encore un 'Pre-Code' Warner signé William Dieterle qui est totalement délectable ! Bien qu'il ne s'agisse pas à proprement parler d'une comédie, William Powell y déploie un charme canaille tout à fait réjouissant. Le très futé Anton Adam a cependant un talon d'achille : il oublie toute prudence dès qu'il croise le regard (ou la jambe!) d'une jolie femme. Le film nous montre en accéléré son ascension d'avocaillon des bas quartiers à celui d'avocat cousu d'or et de femmes. Sa secrétaire, brillamment interprétée par Joan Blondell, a beau le mettre en garde, il va tomber dans le panneau lorsque la très belle Virginia (C. Dodd) va lui faire du charme (très appuyé). Nous voyons d'ailleurs immédiatement la réaction de Powell, dont le cigare grimpe à vue d'oeil ! Résultat : c'est lui qui se retrouve inculpé et il perd la belle place qu'il avait gagné de haute lutte. Cependant, avec l'aide de sa dévouée secrétaire, il va réussir à se venger de ceux qui lui ont joué ce mauvais tour. Le film ne prend pas de gants pour montrer que les politiciens locaux sont pourris et qu'il est très facile de devenir procureur avec les bons appuis. Le film est aussi délectable par d'autres aspects : les seconds rôles sont tenus par plusieurs têtes connues. On reconnait parmi les nombreux marchants juifs de l'East Side le comique Max Davidson qui joue un tout petit rôle. De même, un des gangsters envoyés pour terroriser Powell est joué par Jack La Rue, le gangster emblématique de The Story of Temple Drake (1933). Le film sur une pirouette est un 'happy end' qui n'entâche pas l'effacité de ce charmant film de 68 min.

samedi 9 février 2013

Nuits de princes 1928

Un film de Marcel L'Herbier avec Gina Manès, Jaque Catelain, Alice Tissot, Nestor Ariani et Jean Toulout

A Paris, la pension de Mlle Mesureux (A. Tissot) à Paris est le refuge de russes blancs réfugiés. Vassia (J. Catelain), gravement malade, est follement amoureux d'Hélène Vronsky (G. Manès). Or, un nouveau pensionnaire arrive, la prince Achkélian (N. Ariani). Il est immédiatement fasciné par Hélène...

Ce film de Marcel L'Herbier est un rescapé du muet. Tourné en 1928, il ne sort en salles qu'en 1930 dans une version 'sonorisée et chantante'. Le film a été projeté en version muette à la cinémathèque. Le film souffre d'un scénario mal construit où les intentions des personnages sont mal définies. Au centre de l'intrigue, on trouve Gina Manès, absolument magnifique de puissance émotionnelle, en Hélène Vronsky. Mais, la psychologie du personnage reste assez mystérieuse. Au début, on la découvre vivant avec sa soeur infirmière dans la pension Mesureux. Leur voisin, Vassia qui est presque mourant, est follement épris d'elle. Elle semble avoir surtout pitié du jeune homme et accepte de se fiancer avec lui pour repousser les avances du prince Achkélian. Mais, lorsque ce dernier se blesse lors d'une cascade à cheval, elle va se dévouer et lui permettre d'être soigné. Elle va même jusqu'à lui donner l'argent destiné à Vassia, pour lui permettre de partir au soleil. Elle va ensuite accepter de devenir entraîneuse dans une boîte de nuit russe pour payer son voyage. Hélène est un personnage torturé : elle ressent attirance et répulsion pour Achkélian. Puis, elle sombre dans la dépravation pour se punir de son égarement. Malheureusement, malgré les splendides éclairages du génial Léonce-Henri Burel, L'Herbier ne réussit pas à convaincre. Le film souffre de déséquilibres et de scènes mal conçues. La relation Hélène-Vassia ne convainc pas. L'Herbier ne semble plus savoir maîtriser sa caméra comme dans le génial L'Argent. Si il faut voir ce film, c'est essentiellement pour l'actrice principale: Gina Manès. Elle était au sommet de son art et de sa popularité. L'arrivée du parlant va marquer le déclin de sa carrière. Quelques années plus tard, elle ne jouera plus que des utilités...

jeudi 7 février 2013

Napoléon - Le grand classique d'Abel Gance de Kevin Brownlow (II)

Voici une première critique du livre de K. Brownlow que j'ai traduit.

Le Nouvel Observateur, 7 février 2013:

"En 1983, au Palais des Congrès, on a vu enfin la copie restaurée de Napoléon, long de cinq heures et quinze minutes. Un choc. Depuis sa première projection à Paris en 1927, le film n'a cessé d'être tronqué, coupé, mutilé. Il fallait un dingue de cinéma, comme Kevin Brownlow, pour en retrouver des bribes, alors qu'Abel Gance y avait renoncé. Ce livre passionnant est le récit de cette quête de quarante ans. Dans les foires, les brocantes, les cinémathèques, les boutiques, les cabines de projection, les marchés, Brownlow remonte le patchwork du film - et de sa propre vie. Un oscar d'honneur lui a été décerné en 2011." 
François Forestier

dimanche 3 février 2013

Fashions of 1934 (1934)

Un film de William Dieterle avec William Powell, Bette Davis, Verree Teasdale et Frank McHugh

L'escroc Sherwood Nash (W. Powell) se lance dans une nouvelle combine avec l'aide de son complice Snap (F. McHugh) et de Lynn (B. Davis) une dessinatrice de mode. Ils copient des robes importées de France et revendent les modèles. Mais, l'escroquerie est détectée par l'importateur...

Ce film Warner offre un couple surprenant : Bette Davis, alors en blonde platine sophistiquée et le suave William Powell. Certes, il n'y a pas beaucoup d'étincelles entre les deux protagonistes; mais, le film est une comédie pétillante qui s'apprécie comme un verre de Champagne. William Powell y est un filou beau parleur, élégant et combinard. Bette semble assez mal à l'aise en blonde distinguée. Cependant, le film a ce rythme sûr et rapide des meilleures comédies Warner excellemment mise en scène par William Dieterle qui montrait un réel talent dans ce domaine dès son arrivée aux USA. Le personnage de Powell est très proche du filou qu'il jouait dans High Pressure (1932, M. LeRoy) avec également Frank McHugh en acolyte de ses combines louches. Le contraste entre le beau parleur et le plébéien McHugh est évidemment un des éléments comiques. McHugh n'a pas son pareil pour colorer un simple "Ah!" en regardant des photos licencieuses que lui présente un vendeur parisien. Powell a des ambitions démesurées et va grimper les échelons rapidement en pratiquant la contrefaçon sans aucun scrupule. Le film est à cheval entre la comédie simple et la comédie musicale. Il contient d'ailleurs un numéro signé Busby Berkeley qui est superbement intégré au film. Dans les rôles secondaires, il y a Verree Teasdale (Mrs Adolphe Menjou) qui joue avec beaucoup de talent une aventurière américaine qui se fait passer pour une grande duchesse russe face à un Reginald Owen outré de découvrir sa véritable identité. Une comédie vraiment délectable.