jeudi 10 mai 2018

Conférence au Forum des Images le 7 juin 2018 à 19h15

Le jeudi 7 juin 2018 à 19h15, je présenterai une conférence sur la Continental Films au Forum des Images. Voici la présentation dans le magazine En Vue:

dimanche 22 avril 2018

Continental Films à la Maison Heinrich Heine le 28 mai 2018 à 19h30

Une conférence-débat sur Continental Films - Cinéma français sous contrôle allemand aura lieu à la Maison Heinrich Heine - Fondation de l'Allemagne le lundi 28 mai 2018 de 19h30 à 21h30
en présence de Bertrand Tavernier et la modération sera assurée par Olivier Barrot. L'entrée est gratuite dans la limite des places disponibles.
La Maison Heinrich Heine est située à la Cité Universitaire Internationale, 27 Boulevard Jourdan, Paris 14e (M° Cité Universitaire)

vendredi 30 mars 2018

Continental Films - Cinéma français sous contrôle allemand (XIII)

Une nouvelle chronique de mon livre est maintenant disponible sur DVDClassik
Et une critique a paru dans le quotidien juridique Les Petites Affiches du 26 mars 2018:
Parler du cinéma sous l’Occupation est un exercice difficile voire périlleux. Terrain miné qui réveille mémoires et polémiques, il évoque le débat sur le positionnement des artistes et des intellectuels pendant l’Occupation allemande. On renvoie pour ce qui concerne le milieu littéraire au livre de Pierre Assouline : L’épuration des intellectuels. Ce n’est pas le moindre des talents de Christine Leteux d’avoir osé et su dans Continental films, le cinéma français sous l’Occupation (Christine Leteux, Paris, 2018), ouvrage charpenté autour de thématiques passionnantes, narrer la création et le fonctionnement de la firme allemande qui allait produire un grand nombre de films, de février 1941 à avril 1944, dont certains incontournables du cinéma français. Ainsi des Inconnus dans la maison ou l’énigmatique Le Corbeau qui valut à Henri-Georges Clouzot quelques déboires et une mauvaise réputation. Qui furent les metteurs en scène, acteurs, régisseurs, décorateurs, recrutés par la Continental ? Comment pouvaient-ils ensuite la quitter et à quel prix, à quoi se rapporte «l’affaire Harry Baur» — particulièrement nauséabonde ? Telles sont, parmi d’autres, les questions auxquelles répond avec force détails et anecdotes Christine Leteux. La documentation est solide. Le style précis. Et la réflexion que ce livre suscite va bien au-delà des enjeux cinéphiliques. On est replongé non seulement dans l’univers de la production filmique organisée par les nazis, mais dans l’histoire. En fond il y a tous les enjeux, les drames de l’époque : le monde du cinéma, pas moins qu’un autre, n’échappe aux faiblesses et aux vilenies, tout n’y est pas toujours bien joli. On se fait des crocs-en-jambe, l’antisémitisme ambiant encourage parfois d’ignobles attitudes. Avec à chaque page la question lancinante et la plus inconfortable qui soit : qui sommes-nous pour juger et faut-il punir ceux qui ont tourné pour la firme allemande ? Ce sera la mission confiée, ce que narre l’auteure, au CLCF pour les metteurs en scène et à une autre commission pour les acteurs. On en saura plus en lisant le livre. 
L’usine à films. 
Mais au fait de quoi s’agit-il ? La Continental, qui s’en souvient ? Qui y fait attention aujourd’hui à la lecture d’un générique en noir et blanc ? Qui était derrière cette firme ? Les cinéastes pouvaient-ils conserver une marge de liberté créatrice ? Comment le régime nazi exerçait-il son contrôle sur les tournages et les montages ? Christine Leteux raconte à plusieurs reprises comment, au cœur des discussions, est à cette époque… le contrat. Exiger l’application du contrat, passer entre les mailles du contrat, utiliser les silences du contrat, puis si besoin sortir du contrat, telles sont les figures imposées pour sauver sa part de liberté et de créativité. Beaucoup s’y sont cassés les dents, quelques uns, parfois douloureusement comme Marcel Carné sur le tournage des Évadés, ou Henri Decoin qui va jusqu'au tribunal, réussirent à tenir tête aux exigences d’un Alfred Greven, placé à la tête de la Continental par un certain Goebbels, le créateur de la firme, qui surveillait tout mais dont Alfred Greven entendait aussi s’affranchir. Le livre raconte les jeux d’influence au sein du régime nazi lui-même. 
Une galerie de portraits. 
Le livre met en scène des femmes et des hommes ; leur destin, leurs choix. Alfred Greven donc. Mais aussi évidemment Arletty et sa liberté assumée, Mireille Balin et son triste destin, Ginette Leclerc et ses choix aventureux. Un chapitre fort intéressant est consacré aux Russes qui après l’exode de 1917 sont venus en France et qui ont grossi le personnel de la Continental. On fait ici connaissance des trajectoires et vies des régisseurs, décorateurs, monteurs russes. On laisse au lecteur (re-) découvrir les Danièle Darrieux, Maurice Tourneur, André Cayatte, Henri Decoin, Albert Préjean, Christian-Jaque, Ginette Leclerc, Fernandel, Jean-Paul Le Chanois, Noël Roquevert, Suzy Delair, Harry Baur, et bien d’autres, figures emblématiques du cinéma aux prises avec leur époque. L’auteure, c’est ce qui rend le livre si passionnant, ne juge personne, même si la plume est parfois plus sympathique pour certains que d’autres. Elle rétablit avec les faits une certaine vérité. Bertrand Tavernier, signataire de la préface, ne s’y est pas trompé en rendant hommage au livre. Pour les cinéphiles, ce livre Continental Films est une pépite documentaire qui ajoutera à leur culture. Pour eux et pour tous les autres, il est avant tout un vrai livre d’histoire et de réflexion sur cette période.
Christian Baillon-Passe

lundi 19 mars 2018

Continental Films à Vichy le 27 mars 2018 à 16h

Je serai au Petit Théâtre Impérial de Vichy le mardi 27 mars à 16h pour présenter mon ouvrage sur la Continental Films. Cette présentation sera suivie d'une séance de dédicaces à la Librarie "A la page" de Vichy. A bientôt!

lundi 12 mars 2018

Continental Films au Salon du Livre le 18 mars 2018


Je serai au Salon du Livre de Paris pour une séance de dédicaces le dimanche 18 mars de 15h à 18h au stand La Tour Verte de "Livres en Normandie" (Hall 1 - Stand F31)


Le cinéma muet de Maurice Tourneur à la Fondation Pathé du 4 avril au 1er mai 2018

La Fondation Jérôme Seydoux-Pathé au 73 avenue des Gobelins, Paris 13 ème (M° Place d'Italie) propose une programmation autour des films muets de Maurice Tourneur. Il y aura un certain nombre de raretés inédites. En outre, je présenterai une conférence sur le cinéma muet de Tourneur le mardi 10 avril à 19h. Venez nombreux découvrir Prunella (1918) et d'autres raretés délectables de 1916!

samedi 10 mars 2018

La Femme rêvée 1928

Angel (Charles Vanel) et Mercédès (Alice Roberte)
Un film de Jean Durand avec Charles Vanel, Arlette Marchal, Alice Roberte et Harry Pilcer

Un homme d'affaire parisien Angel Caal (C. Vanel) suite à un accident de voiture en Espagne fait la connaissance de Mercédès (A. Roberte). Il décide de l'épouser attisant ainsi la jalousie de sa maîtresse Suzanne (A. Marchal)...

Jean Durand fut un des grands pionniers de la firme Gaumont et produisit quantité de comédies et de westerns dans les années 1910. En 1928, il est déjà un vétéran qui tourne un de ses derniers films. Comme nombre de ses confrères, il a du mal à suivre l'évolution technique du cinéma et du discours cinématographique. Il filme en plans larges et ne sait pas rythmer une séquence avec des gros plans et des plans moyens. Il en résulte un film extrêmement long vu la minceur de l'intrigue: un riche homme d'affaire doit décider si la "femme rêvée" ressemble à sa femme ou à sa maîtresse. Outre ce problème de rythme des séquences, Durand est handicapé par une distribution bancale. Alice Roberte, qui joue la jeune femme effacée et timide de Charles Vanel, est parfaitement impavide et incapable d'exprimer les sentiments qui l'habitent. On imagine ce qu'une actrice de talent comme Sandra Milowanoff (qui fut souvent la partenaire de Vanel à l'écran) aurait pu faire dans un tel rôle. On s'ennuie ferme devant le jeu maladroit de Roberte qui est en plus dépourvue de tout charisme. Dire qu'elle a été la Comtesse Geschitz dans le Loulou de Pabst! Heureusement, il y a Harry Pilcer. Ce danseur, partenaire de Mistinguett au Music-Hall, nous offre un numéro de danse fort érotique sur la scène du Casino de Paris qui parvient à peine à dérider notre Roberte. Arlette Marchal a une toute autre allure, mais son rôle reste assez vide et lui permet à peine d'exister. Par contre, le film est d'une richesse incroyable pour ce qui est des costumes et des décors. Les actrices changent de tenue à chaque scène et le film semble avoir été sponsorisé par les grands couturiers parisiens pour faire leur promotion à l'étranger. Les décors vont du grand siècle pompeux de l'appartement de Charles Vanel à l'art déco très tendance de celui d'Arlette Marchal. Visuellement, c'est un régal car la copie est magnifique grâce à une restauration 4K à partir du négatif original. Durand se réveille vers la fin du film où il nous offre enfin un montage plus efficace alors que Vanel roule à tombeau ouvert sous un orage dantesque. Mais, le film reste cependant anecdotique dans l'histoire du cinéma muet français. Contrairement à Léonce Perret, son exact contemporain, il ne sait pas obtenir de ses acteurs des interprétations humaines et inspirées. Il filme un roman de gare sans réussir à transcender son matériel.